En bref
La radiographie montre les structures osseuses, soit l’alignement des vertèbres, l’espace entre elles, l’arthrose et une fracture. Elle ne montre pas directement le disque ni le nerf. Elle révèle plutôt les conditions dans lesquelles ces structures travaillent. C’est l’examen clinique qui relie ce que l’image montre à ce que la personne ressent.
Beaucoup de personnes repartent d’un examen d’imagerie avec un rapport qu’elles ne savent pas lire. Un mot y revient, « pincement », un autre inquiète, « dégénérescence », et rien n’explique le lien entre ces termes et la douleur ressentie le matin au lever. Cette page décrit ce qu’une radiographie de la colonne permet de voir, ce qu’elle ne permet pas de voir, et pourquoi cette distinction change la façon dont une évaluation est conduite.
Qu’est-ce qu’une radiographie du dos montre exactement ?
Une radiographie fonctionne par contraste de densité. Les rayons traversent les tissus mous et sont arrêtés par les tissus denses. L’os apparaît donc nettement, tandis que tout ce qui est souple laisse passer le rayonnement.
Sur un cliché de colonne, quatre familles d’informations se dégagent.
L’alignement et les courbes
La colonne possède des courbures naturelles, une lordose au bas du dos, une cyphose au niveau du thorax, une lordose au cou. Le cliché permet de constater si l’une d’elles est effacée, accentuée ou déviée latéralement.
L’espace entre les vertèbres
Le disque lui-même ne s’imprime pas sur le film, mais l’espace qu’il occupe, oui. Cette hauteur est mesurable et comparable d’un étage à l’autre.
Les signes d’usure
L’arthrose vertébrale se manifeste par des modifications osseuses, soit des becs osseux que la littérature nomme ostéophytes, une condensation de l’os sous le cartilage et une modification des facettes articulaires.
Les anomalies de structure
Une fracture, un tassement vertébral, une malformation de naissance ou un décalage entre deux vertèbres. Le cliché sert ici à écarter ce qui demanderait une prise en charge différente.
À la clinique, les clichés sont réalisés en position debout, sous charge, précisément parce que la colonne ne se comporte pas de la même façon couchée et debout.
Qu’est-ce qu’elle ne montre pas ?
Le disque, le nerf, le muscle et le ligament sont des tissus mous. Ils ne s’impriment pas sur une radiographie. La douleur, elle, ne se voit sur aucune image.
C’est la partie la moins souvent expliquée, et la plus utile. Le disque intervertébral est composé d’un anneau fibreux et d’un noyau gélatineux. Il est donc impossible de voir, sur un cliché, l’état de l’anneau, une fissure ou du matériel déplacé. Les racines nerveuses qui sortent de la colonne sont elles aussi des tissus mous, si bien qu’une racine comprimée et une racine libre ont exactement la même apparence sur une radiographie, soit aucune.
| Ce que la radiographie montre | Ce qu’elle ne montre pas |
|---|---|
| Alignement et courbes des vertèbres | Le disque lui-même |
| Espace entre les vertèbres, pincement | Le nerf et son irritation |
| Arthrose, becs osseux | Le muscle et le ligament |
| Fracture, anomalie de structure | La douleur, qui ne se voit sur aucune image |
Peut-on voir une hernie discale sur une radiographie ?
Pas directement. Une hernie discale est faite de tissu mou et échappe au cliché. La radiographie apporte cependant des éléments indirects que la lecture clinique met en relation.
Une hernie discale correspond à du matériel du noyau qui franchit l’anneau fibreux et vient faire saillie, le plus souvent vers l’arrière du disque, en direction du canal où cheminent les structures nerveuses.
Une diminution de hauteur à un seul étage, alors que les étages voisins sont conservés, indique que ce disque a perdu du volume. Une réaction osseuse localisée signale que cet étage subit des contraintes mécaniques particulières depuis un certain temps. Une modification de la courbe traduit souvent une posture adoptée pour éviter une position douloureuse.
Aucun de ces éléments ne constitue une preuve. Ce sont des indices. Leur valeur vient de leur mise en relation avec ce que la personne décrit et avec ce que l’examen physique met en évidence, soit le territoire précis des symptômes, la façon dont ils varient selon les positions, la réponse des réflexes et la force musculaire. Un principe simple guide cette lecture, puisque le symptôme suit le trajet du nerf concerné, et non l’endroit où le disque est atteint. Lorsque l’évaluation conclut qu’un disque est en cause, la question suivante devient celle de savoir si la décompression neurovertébrale et votre hernie se rejoignent.
Qu’est-ce qu’un pincement discal ?
Un pincement discal décrit une hauteur réduite de l’espace situé entre deux vertèbres. Le mot décrit une mesure, rien d’autre. Il ne décrit ni une douleur, ni une gravité, ni une évolution. La hauteur discale diminue naturellement avec les années, chez tout le monde, le disque perdant progressivement de sa teneur en eau. Un pincement isolé et régulier, réparti sur plusieurs étages, n’a pas la même signification qu’un pincement marqué à un seul étage entouré d’étages normaux.
Peut-on avoir de l’arthrose à la radiographie sans avoir mal ?
Oui, et c’est fréquent. La littérature parle d’un faible parallélisme radioclinique, ce qui signifie que l’importance des anomalies observées sur une image ne correspond pas à l’importance des symptômes ressentis.
Les signes d’usure de la colonne augmentent régulièrement avec l’âge dans la population générale, indépendamment de la présence de douleur. Une large majorité des personnes d’âge avancé présente des modifications dégénératives visibles à l’imagerie, et une grande partie d’entre elles ne ressent aucun symptôme au niveau concerné.
La relation fonctionne aussi dans l’autre sens. Il arrive qu’une personne décrive une douleur marquée, persistante et invalidante au quotidien, et que son cliché ne montre presque rien.
Cette constatation a une conséquence directe sur la façon de travailler. Une image ne peut pas, à elle seule, désigner la cause d’une douleur. Elle décrit un terrain. C’est l’examen clinique qui détermine si ce terrain a quelque chose à voir avec ce que la personne vit. Lorsque nous recevons une personne, nous partons du problème concret qu’elle décrit, nous cherchons d’où vient la raideur plutôt que de la masquer, et nous évaluons la remise en mouvement des vertèbres qui pourrait soulager la cause du malaise.
À surveiller
Certains signes justifient une évaluation médicale sans attendre, parce qu’ils traduisent une atteinte nerveuse qui progresse.
- une faiblesse musculaire qui s’installe et s’aggrave dans un membre
- une perte de dextérité, une difficulté nouvelle à manipuler de petits objets
- une modification de la démarche, une instabilité inhabituelle
- des symptômes qui touchent les deux membres en même temps
Ces situations demandent un avis médical, quelle que soit l’apparence du cliché.
Pourquoi une radiographie chiropratique du dos avant d’entreprendre des soins ?
La radiographie ne sert pas à trouver la hernie. Elle sert à établir le cadre dans lequel les soins seront donnés.
Elle répond à des questions qui précèdent le traitement, soit la question de savoir si la structure osseuse est intacte, s’il existe une anomalie qui modifierait la façon de procéder, si la colonne présente une particularité dont il faut tenir compte, et quel étage mérite l’attention.
Les travaux de l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux apportent une nuance importante. En l’absence de signes d’alerte, un examen d’imagerie n’apporte souvent rien d’utile à la prise en charge d’une douleur lombaire, et une part importante des examens demandés au Québec sont jugés non pertinents. L’imagerie n’est donc pas un passage obligé. Elle se justifie lorsque l’évaluation clinique en montre l’intérêt.
La radiographie est disponible sur place. Un examen d’imagerie prescrit ailleurs n’est demandé que lorsque l’évaluation le justifie.
Comment se passe une radiographie à la clinique, à Laval
Préparation
La personne retire les objets métalliques susceptibles de se superposer à l’image, soit bijoux, ceinture et certains vêtements. Un vêtement d’examen est fourni au besoin.
Positionnement
Les clichés sont pris debout, en charge, parce que cette position correspond à celle dans laquelle la colonne travaille réellement.
Prise des clichés
Selon la région étudiée, plusieurs incidences sont réalisées, généralement de face et de profil. Chaque prise dure une fraction de seconde. L’examen n’est pas douloureux.
Lecture
Les clichés sont analysés, puis repris avec la personne, image à l’appui. C’est le moment où les termes du rapport reprennent un sens concret.
La Dre Michèle Bernatchez accorde une place importante à l’étape de la lecture, parce qu’une personne qui comprend ce que montre son cliché comprend aussi pourquoi telle avenue est envisagée et telle autre non.
Rendez-vous de dépistage sans frais, pour valider que vous êtes un bon candidat pour des soins chiropratiques et que nous pouvons contribuer à votre mieux-être. Si un examen complet s’avère nécessaire par la suite, des frais peuvent s’appliquer.
Par téléphone, au 450 622-6525.
Ce contenu informe. Il ne remplace pas une évaluation par un professionnel de la santé.
Foire aux questions
Est-ce qu’une hernie discale se voit sur une radiographie ?
Non, pas directement. Le disque est un tissu mou et n’apparaît pas sur un cliché. La radiographie montre cependant des éléments indirects, comme une hauteur discale réduite à un étage ou une réaction osseuse localisée, que l’examen clinique met en relation avec les symptômes décrits.
Qu’est-ce qu’un pincement discal ?
C’est une hauteur réduite de l’espace situé entre deux vertèbres. Le terme décrit une mesure, pas une douleur ni une gravité. Cette hauteur diminue naturellement avec les années, et un pincement peut exister sans provoquer de symptôme.
Peut-on avoir de l’arthrose sur une radiographie sans avoir mal ?
Oui, et c’est fréquent. Les signes d’usure augmentent avec l’âge chez tout le monde, et une large majorité des personnes d’âge avancé en présente sans ressentir de symptôme au niveau concerné. L’inverse existe également, une douleur marquée pouvant s’accompagner d’un cliché peu modifié.
Est-ce qu’un chiropraticien peut faire une radiographie au Québec ?
Oui. La prise et l’interprétation de radiographies font partie des actes réservés aux membres de l’Ordre des chiropraticiens du Québec, dans le cadre de l’évaluation neuro-musculo-squelettique. Notre clinique dispose de l’équipement sur place.
Sources
- Ordre des chiropraticiens du Québec, encadrement de l’acte radiologique en chiropratique. Consulter la source
- Institut national d’excellence en santé et en services sociaux, Imagerie de la colonne vertébrale pour l’investigation de la lombalgie. Consulter la source
- Examens d’imagerie dans la pathologie lombaire dégénérative, EM-Consulte. Consulter la source
Dre Michèle Bernatchez, chiropraticienne, D.C., B.Sc.
Clinique Chiro Ste-Rose, 550 boulevard Curé-Labelle, bureau 21, Sainte-Rose, Laval. Plus de 30 ans de pratique en soins neuro-musculo-squelettiques.
Mis à jour le 22 septembre 2026.








