Il est 6 h 40. Vous tendez le bras vers la tablette du haut pour attraper une tasse, et une douleur vive traverse le dessus de votre épaule. Le bras redescend presque tout seul. Hier, c’était en enfilant votre manteau. Cette nuit, vous vous êtes réveillé en vous tournant du mauvais bord. Cette douleur qui apparaît précisément quand vous levez le bras porte souvent un nom : la tendinite de la coiffe des rotateurs.
Depuis 1992, la Clinique Chiro Ste-Rose reçoit à Sainte-Rose, à Laval, des personnes qui décrivent cette scène presque mot pour mot. Un bras qui accroche à mi-course. Une nuit sur deux gâchée. Cette douleur est lisible : elle suit une mécanique précise, et cette mécanique s’évalue. La suite vous explique ce qui se passe dans votre épaule, pourquoi votre cou fait partie de l’examen, et à quel moment il vaut mieux consulter.
Mis à jour le 11 août 2026
En bref
La tendinite de la coiffe des rotateurs est une irritation des tendons qui stabilisent votre épaule. Elle se reconnaît à un signe très caractéristique : la douleur apparaît surtout quand le bras monte entre 60 et 120 degrés, puis diminue au-delà. Elle réveille souvent la nuit, quand vous couchez sur le côté atteint. Une douleur d’épaule peut aussi être projetée depuis la colonne cervicale, ce qui explique pourquoi une évaluation complète remonte toujours au cou.
Dans cet article
- Pourquoi votre épaule fait-elle mal quand vous levez le bras ?
- Les 4 muscles de la coiffe des rotateurs et leur rôle
- Pourquoi cette tendinite touche-t-elle surtout après 45 ans ?
- Conflit sous-acromial : pourquoi les tendons frottent-ils ?
- Et si votre douleur à l’épaule venait de votre cou ?
- L’évaluation à la Clinique Chiro Ste-Rose
- Quand la chirurgie est-elle envisagée ?
Pourquoi votre épaule fait-elle mal quand vous levez le bras ?
Votre épaule fait mal en levant le bras parce que les tendons de la coiffe des rotateurs passent dans un couloir étroit, entre la tête de l’humérus et un toit osseux appelé l’acromion. Quand le bras monte, ce couloir se referme. Un tendon irrité s’y trouve pincé, et la douleur apparaît sur une portion précise du mouvement.
Cette portion a un nom, et c’est le meilleur indice que vous puissiez donner à votre professionnel de la santé. La douleur est plus vive entre 60 et 120 degrés d’élévation, et devient minime ou absente en dessous de 60 comme au-delà de 120 degrés [1]. Le début du mouvement passe, le milieu fait mal, la fin repasse.
C’est pour ça que vous pouvez encore boire votre café sans problème, mais que suspendre un manteau au crochet devient pénible. Le geste du quotidien qui trahit le plus souvent une coiffe irritée reste celui d’enfiler une manche, bras derrière le dos.
La nuit occupe l’autre moitié du portrait. Beaucoup de personnes décrivent une douleur qui s’installe dès qu’elles se couchent sur l’épaule atteinte, ou en dormant avec le bras au-dessus de la tête. Certaines remarquent plutôt une perte de force : le bras tient moins bien une pinte de lait. Ce détail compte, mentionnez-le lors de votre visite.
Quand consulter un médecin avant d’entreprendre des soins
Certains signes demandent une évaluation médicale rapide, peu importe l’origine soupçonnée de la douleur : une faiblesse qui progresse dans le bras ou la main, une perte de dextérité, une modification de la démarche ou de l’équilibre, ou une atteinte qui touche les deux membres. Ces signes relèvent d’abord du médecin. Votre chiropraticien vous y dirigera lui aussi s’il les observe à l’examen.
Les 4 muscles de la coiffe des rotateurs et leur rôle dans la stabilité de l’épaule
La coiffe des rotateurs regroupe quatre muscles : le supra-épineux, l’infra-épineux, le sous-scapulaire et le petit rond [2]. Leurs tendons se rejoignent pour former une sorte de capuchon autour de la tête de l’humérus, d’où l’image de la coiffe. Leur rôle est double : ils donnent de la force, et surtout ils gardent la tête de l’humérus bien centrée pendant que vous bougez.
Cette fonction de centrage est ce qui rend l’épaule si particulière. L’épaule est l’articulation la plus mobile du corps, et elle paie cette liberté par une stabilité qui dépend presque entièrement des muscles. Quand un des quatre faiblit ou s’irrite, la mécanique se décale de quelques millimètres. Ces quelques millimètres suffisent à créer un frottement là où il ne devrait pas y en avoir.
Le supra-épineux est le plus souvent en cause. Il passe exactement sous le toit osseux, et une portion de son tendon est naturellement moins bien irriguée près de son point d’attache [1]. Une zone moins irriguée récupère plus lentement. C’est un des motifs pour lesquels une irritation de ce tendon s’installe dans la durée si personne ne s’en occupe.
Pourquoi la tendinite de la coiffe des rotateurs touche-t-elle surtout après 45 ans ?
La tendinite de la coiffe des rotateurs touche surtout les adultes de plus de 40 à 45 ans parce que le tendon change avec le temps. Il devient moins souple, moins élastique, et il tolère moins bien les gestes répétés au-dessus de la tête. L’atteinte dégénérative est fréquente chez l’adulte non sportif, pour les mêmes raisons mécaniques que chez l’athlète [1].
Le travail joue un rôle majeur, souvent sous-estimé. Les activités répétitives en hauteur, typiques des métiers manuels, sollicitent la coiffe des centaines de fois par jour [1]. Poser du gypse, visser au plafond, décharger un camion, laver des vitres, coiffer, peindre : tous ces gestes vivent dans la zone de frottement.
Prenons Jean-Marc, 52 ans, monteur d’acier sur un chantier du secteur Sainte-Rose, les bras au-dessus des épaules une bonne partie de sa journée depuis trente ans. Sa douleur s’est installée sur huit mois. Il a d’abord changé de main pour les gestes difficiles, puis arrêté de dormir sur ce côté, puis il a consulté quand attacher sa ceinture de sécurité est devenu pénible. C’est un parcours classique, et l’attente n’a rien réglé.
Le sport amateur amène le même profil, sur d’autres gestes. Le service au tennis, la nage libre, la nage sur le dos et le lancer répété sollicitent tous la coiffe en position haute [1]. Diane, 60 ans, retraitée active, illustre l’autre versant : chez elle, la douleur est apparue en peinturant un plafond pendant deux fins de semaine. Le tendon vieillissant a reçu, en 48 heures, la charge de plusieurs mois.
Conflit sous-acromial : pourquoi les tendons frottent-ils contre l’os ?
Le conflit sous-acromial décrit le pincement chronique du tendon entre la tête de l’humérus et l’arche osseuse située au-dessus [1]. Le tendon irrité gonfle, l’espace disponible rétrécit encore, et l’irritation s’entretient elle-même. C’est un cercle qui se referme, et c’est précisément ce cercle qu’une prise en charge cherche à interrompre.
La forme du toit osseux varie d’une personne à l’autre, et cette anatomie n’est pas modifiable. En revanche, la position de l’omoplate, la mobilité de la colonne dorsale et le contrôle des muscles qui stabilisent l’épaule sont, eux, modifiables. Une omoplate qui glisse mal sur les côtes laisse moins de place au tendon.
Une bursite sous-acromiale accompagne souvent le tableau. La bourse est un petit coussin qui facilite le glissement, et elle s’enflamme fréquemment à la suite d’une tendinite de la coiffe [1]. Les deux conditions cohabitent, ce qui explique pourquoi le mot « bursite » revient si souvent chez les patients qui arrivent en clinique.
Voici comment se distinguent, à grands traits, trois situations que l’on confond fréquemment.
| Ce que vous ressentez | Ce que ça évoque | Le détail qui oriente |
|---|---|---|
| Douleur au milieu du mouvement, entre 60 et 120 degrés | Tendinite de la coiffe, conflit sous-acromial | Le début et la fin du mouvement passent mieux que le milieu |
| Perte de mobilité dans toutes les directions, même quand on lève votre bras pour vous | Capsulite, ou épaule gelée | La raideur limite le mouvement avant que la douleur apparaisse |
| Douleur avec picotements ou sensation de bras lourd | Irritation d’une racine nerveuse cervicale | Bouger la tête change la douleur ressentie dans le bras |
Ce tableau ne remplace pas un examen. Il vous aide à mettre des mots précis sur ce que vous vivez, et des mots précis font gagner du temps en consultation.
Et si votre douleur à l’épaule venait de votre cou ?
Une douleur ressentie à l’épaule ne vient pas toujours de l’épaule. La douleur peut être projetée vers l’épaule depuis la colonne cervicale, en particulier lorsqu’une racine nerveuse du niveau C5 est irritée. Pour cette raison, le cou doit toujours être examiné dans tout bilan d’épaule [1].
« Il y a un lien entre le cou et les engourdissements dans le bras, et toutes ces situations sont évaluées quand quelqu’un vient pour des engourdissements, afin de ne rien manquer. »
Dre Michèle Bernatchez, Chiropraticienne, DC, BSc
Le principe vaut pour la douleur d’épaule comme pour les sensations anormales. Une racine nerveuse irritée à la sortie du cou envoie ses signaux le long d’un trajet, et ce trajet passe par le dessus de l’épaule avant de descendre dans le bras. La personne montre son épaule du doigt, alors que la source se trouve quelques centimètres plus haut.
Un indice simple aide à faire la différence. Une douleur d’origine tendineuse se réveille au mouvement du bras, pendant qu’une douleur d’origine cervicale se modifie quand vous bougez la tête. Si tourner le volant en reculant l’auto change la sensation dans votre bras, mentionnez-le.
Les deux origines peuvent aussi coexister, et c’est fréquent après 50 ans. Une colonne cervicale qui a perdu de sa mobilité oblige l’épaule à compenser, et une épaule qui compense fatigue plus vite. Traiter uniquement le point douloureux revient alors à réparer la moitié du problème. Comprendre d’où ça vient plutôt que de masquer le symptôme n’est pas un slogan : c’est une méthode d’examen.
L’évaluation de l’épaule et de la colonne cervicale à la Clinique Chiro Ste-Rose
Une première visite sert d’abord à comprendre. Dre Michèle Bernatchez, Chiropraticienne, DC, BSc, et Dr François Poirier, Chiropraticien, DC, BSc, pratiquent à Sainte-Rose depuis le début des années 1990, et leur examen ne se limite jamais à l’endroit qui fait mal. Voici comment se déroule habituellement l’évaluation d’une épaule douloureuse.
- L’histoire de votre douleur. Depuis quand, quels gestes la réveillent, comment vos nuits se passent, quels mouvements votre travail exige.
- L’observation du mouvement. Élévation du bras vers l’avant et sur le côté, rotations, mouvement de l’omoplate sur les côtes.
- Les tests cliniques de la coiffe. Des manœuvres qui sollicitent un muscle à la fois pour repérer lequel est irrité et évaluer sa force.
- L’examen de la colonne cervicale et dorsale. Mobilité vertébrale, tension musculaire, examen neurologique du membre supérieur pour vérifier ce qui vient du cou.
- L’imagerie si elle est nécessaire. La radiographie est disponible sur place. D’autres examens, comme l’imagerie par résonance magnétique, se font à l’extérieur, sur recommandation.
Au terme de cet examen, vous repartez avec une explication claire de ce qui a été observé et de ce qui est proposé. Si votre situation relève d’un autre professionnel de la santé, on vous le dit franchement et on vous oriente. Les soins reposent ensuite sur la remise en mouvement des vertèbres et des articulations concernées, la thérapie manuelle des tissus, et des conseils adaptés à votre travail. Le rythme des visites dépend de votre condition et de son ancienneté.
Une question sur votre épaule ? Prenez rendez-vous en ligne sur GoRendezvous ou appelez la clinique au (450) 622-6525. L’équipe répondra à vos questions avant même votre première visite.
Quand la chirurgie est-elle envisagée, et qu’est-ce qui vient avant ?
Dans la majorité des cas de tendinite, de bursite et de déchirure partielle de la coiffe des rotateurs, la prise en charge non opératoire vient en premier : repos relatif, gestion de la douleur, puis exercices de renforcement de la coiffe [1]. La chirurgie n’est pas la première réponse, elle est envisagée lorsque cette approche ne suffit pas.
Le repos relatif mérite une précision, parce qu’il est souvent mal compris. Il s’agit de diminuer les mouvements répétitifs de l’épaule, pas d’immobiliser le bras. Bouger en douceur, dans une amplitude qui ne provoque pas la douleur, reste recommandé pour éviter l’enraidissement [2]. Une épaule qui ne bouge plus du tout devient un autre problème.
La question de la chirurgie se pose autrement en présence d’une déchirure complète, ou quand la douleur résiste malgré une prise en charge sérieuse [1]. Cette décision appartient au médecin et au patient, imagerie en main. Le rôle du chiropraticien consiste à évaluer, à traiter ce qui relève de son champ de pratique, et à diriger quand c’est nécessaire.
Foire aux questions
Combien de temps dure une tendinite de la coiffe des rotateurs ?
La durée varie d’une personne à l’autre, selon l’ancienneté de l’irritation, l’âge et les exigences du travail. Une irritation récente évolue généralement plus vite qu’une douleur installée depuis des mois. Une évaluation permet de situer votre cas.
Est-ce que je peux continuer à m’entraîner avec une tendinite de l’épaule ?
Le principe est de réduire les mouvements répétitifs au-dessus de la tête sans cesser toute activité. Les gestes qui réveillent franchement la douleur sont à mettre de côté temporairement. Les mouvements doux, dans une amplitude confortable, restent utiles pour éviter l’enraidissement.
Comment savoir si ma douleur vient de l’épaule ou du cou ?
Une douleur d’origine tendineuse se réveille surtout au mouvement du bras. Une douleur d’origine cervicale se modifie quand vous bougez la tête et s’accompagne parfois de picotements dans le bras. Les deux origines coexistent fréquemment, ce qui justifie un examen des deux régions.
La chiropratique peut-elle aider en cas de tendinite de la coiffe des rotateurs ?
Un chiropraticien évalue l’épaule, l’omoplate et la colonne cervicale et dorsale, puis intervient sur les dysfonctions articulaires et musculaires observées. Une première évaluation permet de valider si votre condition relève de ce champ de pratique.
Pourquoi ma douleur d’épaule est-elle pire la nuit ?
La position couchée sur le côté atteint comprime les structures déjà irritées, et dormir avec le bras au-dessus de la tête accentue le pincement. Éviter ces deux positions fait souvent partie des premiers conseils donnés en consultation.
Pour aller plus loin, la branche épaule
- Douleurs à l’épaule : comment les soulager, le portrait général des douleurs d’épaule et de leurs causes.
- Tendinite, bursite et épicondylite, pour comprendre les points communs entre ces trois irritations.
- Capsulite de l’épaule dite adhésive, la condition la plus souvent confondue avec une tendinite.
Première consultation sans frais
Première consultation sans frais pour valider que vous êtes un bon candidat aux soins chiropratiques, et que nous pouvons vous aider à diminuer vos douleurs.
550, boul. Curé-Labelle, suite 21, Sainte-Rose, Laval
(450) 622-6525
Sources
- Manuel MSD, édition professionnelle. Lésion de la coiffe des rotateurs et bursite sous-acromiale, mise à jour de novembre 2025. Consulter la source
- CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean, gouvernement du Québec. Tendinopathie de la coiffe des rotateurs, fiche éducative. Consulter la source
À propos de l’auteure
Dre Michèle Bernatchez, Chiropraticienne, DC, BSc, est diplômée Summa Cum Laude du Palmer College of Chiropractic en 1992 et cofondatrice de la Clinique Chiro Ste-Rose, à Sainte-Rose, Laval. Elle pratique la chiropratique familiale depuis plus de trente ans et est certifiée par le Titleist Performance Institute depuis 2011.
Ce contenu informe. Il ne remplace pas une évaluation par un professionnel de la santé.


